Les étoiles...
2007.05.14 00:01 Catégorie: Je ne sais
pas
Il faisait très froid ce
soir là. Une nuit de Janvier, dans Charlevoix. Dans
le silence de la nuit, je regardais Saturne et
pensais...
Il faisait très froid ce
soir là. Une nuit de Janvier, dans Charlevoix.
Je ne savais pas que les minutes qui allaient suivre allaient sceller mon destin pour plusieurs années, une vie entière peut-être.
Le ciel était noir, sans lune. Les étoiles y scintillaient comme souvent, mais nous ne remarquons presque plus jamais que les étoiles scintillent. En fait, nous les regardons si rarement les étoiles...
La neige crissait sous mes pas. Je portais, haletant, un lourd instrument dans mes bras. Bien trop lourd pour des bras de 13 ans à peine. Mais quelque chose m'en donnait la force. Non, pas la force, la passion.
Ce
qui m'attirait par dessus tout ce soir là
n'était pas les étoiles, mais un point lumineux
en particulier. Je repérai la majestueuse Orion,
les Gémeaux avec les inséparables Castor et
Pollux, et, voilà! elle est là, dans le Lion,
Saturne! Je n'avais pas pris le temps de traîner
avec moi la lourde monture équatoriale en fonte
pour aligner et soutenir le télescope - il
faisait bien trop froid! Je m'assied alors dans
la neige, tenant le tube de la façon la plus
stable possible, à angle, et pointai tant bien
que mal l'instrument dans la bonne direction,
enfin approximativement! Je portail l'oeil à
l'oculaire, fit le focus avec quelque étoiles,
et commençai à chercher Saturne en faisant de
lents cercles, de plus en plus grands. Un objet
brillant passa rapidement dans le champs visuel,
je revint en arrière, et elle était là! Je
pouvais voir les anneaux, les merveilleux
anneaux! La planète couvrait une minuscule
partie du champs visible, mais l'image était
d'une clarté et d'une stabilité libre de
turbulence qui n'était perturbée que par mon
tremblement de froid mélangé à l'excitation.
Je regardai Saturne, le souffle coupé. Dans le silence de la nuit, je regardais et pensais. Je pensais que cette lumière que je voyais, était partie de là-bas il y avait déjà plusieurs heures. Et cette lumière n'était que réfléchie car elle avait été créée au centre du Soleil dans une explosion nucléaire continuelle, de l'autre côté de l'hémisphère, au loin. Je m'imaginais tout le vide et le silence me séparant de Saturne. Je m'imaginais les anneaux de saturne faits de milliards de particules de glaces et de roches, et qui, ce soir-là, m'inspiraient et étaient en train de changer à jamais le cours d'un esprit. J'avais froid, si froid, mais il y avait tout ce silence assourdissant, et les anneaux de Saturne pour m'enivrer...
Qui n'a pas, en levant les yeux vers un ciel étoilé, quelque part loin des lumières de la ville, été submergé par ces questions qui font de nous de véritables êtres humains? Ces questions qui nous connectent directement avec un même regard qui s'élevait il y a de ça un million d'années de la savane Africaine ou plus récemment d'Abu Simbel, ou de Angkor Wat, ou de Stonehenge, ou de Chichen Itza, ou du cercle de Goseck, ou de Machu Picchu... Depuis le premier hominidé qui a tendu la main pour tenter de saisir la lune avec ses doigts, puis, devant son échec, a ramené son attention à ses peurs pressantes, nous avons toujours été attirés vers les étoiles. Ce qui justifie nos programmes spatiaux n'est pas de foutus retombées comme les fours à micro-ondes ou du vulgaire velcro, mais la profonde poésie et le réveil d'un appel inné qui anime l'humanité en ses fondements. Si quelqu'un vous demande pourquoi aller sur la Lune ou sur Mars, ou pourquoi envoyer une sonde vers Jupiter ou Saturne, ne répondez pas en terme de four ou de velcro, mais en termes de poésie et d'expansion de l'esprit vers l'infinie illimité de l'Univers. Je me fou royalement du velcro. Qu'on m'ouvre l'esprit!
Les
lampadaires de nos rues qui nous procurent une
illusion de sécurité nous ont dénaturé de qui
nous sommes vraiment en nous masquant les
étoiles. Sous prétexte illusoire d'éloigner nos
peurs des autres, elles nous ont éloigné de
cette humanité qui ne peut se définir qu'à
travers un regard qui s'élève vers les étoiles
et un esprit qui se questionne sur son rôle
devant la grandeur de l'Univers. Allez en
campagne un soir d'été sans lune et sans nuages,
levez les yeux vers le ciel, regardez la Voie
Lactée et laissez-vous enivrer. Nous sommes des
éphémères invités de passage dans la Cathédrale
cosmique que nous est cette
petite planète bleue, et nous osons la saccager
par arrogance ou par ignorance. Le vrai sens du sacré
n'est point en des sculptures ou en des images, mais
en une étoile qui scintille, un papillon qui fait
sécher ses ailes ou le chant d'un pinson à gorge
blanche qui annonce le crépuscule et les premières
étoiles de la nuit.
Quelquefois, je me demande si je suis toujours dans ma réflexion de treize ans, l'oeil rivé à l'oculaire de mon télescope, par un soir frigorifiant de Janvier.
J'aimerais tellement que certaines choses ne soient que le fruit de mon imagination.
Je ne savais pas que les minutes qui allaient suivre allaient sceller mon destin pour plusieurs années, une vie entière peut-être.
Le ciel était noir, sans lune. Les étoiles y scintillaient comme souvent, mais nous ne remarquons presque plus jamais que les étoiles scintillent. En fait, nous les regardons si rarement les étoiles...
La neige crissait sous mes pas. Je portais, haletant, un lourd instrument dans mes bras. Bien trop lourd pour des bras de 13 ans à peine. Mais quelque chose m'en donnait la force. Non, pas la force, la passion.
Ce
qui m'attirait par dessus tout ce soir là
n'était pas les étoiles, mais un point lumineux
en particulier. Je repérai la majestueuse Orion,
les Gémeaux avec les inséparables Castor et
Pollux, et, voilà! elle est là, dans le Lion,
Saturne! Je n'avais pas pris le temps de traîner
avec moi la lourde monture équatoriale en fonte
pour aligner et soutenir le télescope - il
faisait bien trop froid! Je m'assied alors dans
la neige, tenant le tube de la façon la plus
stable possible, à angle, et pointai tant bien
que mal l'instrument dans la bonne direction,
enfin approximativement! Je portail l'oeil à
l'oculaire, fit le focus avec quelque étoiles,
et commençai à chercher Saturne en faisant de
lents cercles, de plus en plus grands. Un objet
brillant passa rapidement dans le champs visuel,
je revint en arrière, et elle était là! Je
pouvais voir les anneaux, les merveilleux
anneaux! La planète couvrait une minuscule
partie du champs visible, mais l'image était
d'une clarté et d'une stabilité libre de
turbulence qui n'était perturbée que par mon
tremblement de froid mélangé à l'excitation.
Je regardai Saturne, le souffle coupé. Dans le silence de la nuit, je regardais et pensais. Je pensais que cette lumière que je voyais, était partie de là-bas il y avait déjà plusieurs heures. Et cette lumière n'était que réfléchie car elle avait été créée au centre du Soleil dans une explosion nucléaire continuelle, de l'autre côté de l'hémisphère, au loin. Je m'imaginais tout le vide et le silence me séparant de Saturne. Je m'imaginais les anneaux de saturne faits de milliards de particules de glaces et de roches, et qui, ce soir-là, m'inspiraient et étaient en train de changer à jamais le cours d'un esprit. J'avais froid, si froid, mais il y avait tout ce silence assourdissant, et les anneaux de Saturne pour m'enivrer...
Qui n'a pas, en levant les yeux vers un ciel étoilé, quelque part loin des lumières de la ville, été submergé par ces questions qui font de nous de véritables êtres humains? Ces questions qui nous connectent directement avec un même regard qui s'élevait il y a de ça un million d'années de la savane Africaine ou plus récemment d'Abu Simbel, ou de Angkor Wat, ou de Stonehenge, ou de Chichen Itza, ou du cercle de Goseck, ou de Machu Picchu... Depuis le premier hominidé qui a tendu la main pour tenter de saisir la lune avec ses doigts, puis, devant son échec, a ramené son attention à ses peurs pressantes, nous avons toujours été attirés vers les étoiles. Ce qui justifie nos programmes spatiaux n'est pas de foutus retombées comme les fours à micro-ondes ou du vulgaire velcro, mais la profonde poésie et le réveil d'un appel inné qui anime l'humanité en ses fondements. Si quelqu'un vous demande pourquoi aller sur la Lune ou sur Mars, ou pourquoi envoyer une sonde vers Jupiter ou Saturne, ne répondez pas en terme de four ou de velcro, mais en termes de poésie et d'expansion de l'esprit vers l'infinie illimité de l'Univers. Je me fou royalement du velcro. Qu'on m'ouvre l'esprit!
Les
lampadaires de nos rues qui nous procurent une
illusion de sécurité nous ont dénaturé de qui
nous sommes vraiment en nous masquant les
étoiles. Sous prétexte illusoire d'éloigner nos
peurs des autres, elles nous ont éloigné de
cette humanité qui ne peut se définir qu'à
travers un regard qui s'élève vers les étoiles
et un esprit qui se questionne sur son rôle
devant la grandeur de l'Univers. Allez en
campagne un soir d'été sans lune et sans nuages,
levez les yeux vers le ciel, regardez la Voie
Lactée et laissez-vous enivrer. Nous sommes des
éphémères invités de passage dans la Cathédrale
cosmique que nous est cette
petite planète bleue, et nous osons la saccager
par arrogance ou par ignorance. Le vrai sens du sacré
n'est point en des sculptures ou en des images, mais
en une étoile qui scintille, un papillon qui fait
sécher ses ailes ou le chant d'un pinson à gorge
blanche qui annonce le crépuscule et les premières
étoiles de la nuit.
Quelquefois, je me demande si je suis toujours dans ma réflexion de treize ans, l'oeil rivé à l'oculaire de mon télescope, par un soir frigorifiant de Janvier.
J'aimerais tellement que certaines choses ne soient que le fruit de mon imagination.